Posséder ses bitcoins est une chose. Pouvoir les utiliser sans abandonner le contrôle que l’on cherchait justement à obtenir en choisissant Bitcoin en est une autre.
C’est tout le point de départ du workshop proposé par Marius Farashi à B-Only’26, sous un titre volontairement direct :
« Vous posséderez vos UTXO et vous serez heureux »
Derrière la formule, Marius veut revenir à une question très concrète : que reste-t-il de la self-custody au moment où l’on veut réellement dépenser ses satoshis ?
Pendant longtemps, la discussion autour de la souveraineté Bitcoin s’est concentrée sur la détention : retirer ses bitcoins d’une plateforme, conserver soi-même ses clés, comprendre ses sauvegardes et éviter de dépendre d’un dépositaire. Mais le problème ne s’arrête pas au stockage. Dès que l’on veut utiliser ses bitcoins plus régulièrement, d’autres compromis apparaissent.

C’est précisément là que Marius souhaite placer la discussion.
La self-custody ne devrait pas s’arrêter au coffre
Dans le synopsis transmis pour son atelier, Marius part d’un constat critique : selon lui, la self-custody tend à être abandonnée par une partie des « nouveaux Bitcoiners » dès que les usages deviennent plus quotidiens.
Son angle n’est donc pas simplement de demander où sont stockés les bitcoins, mais comment ils peuvent être détenus et dépensés sans qu’un tiers puisse en reprendre le contrôle.
Cette nuance est essentielle au propos du workshop.
Détenir ses satoshis soi-même lorsqu’ils ne bougent pas est une première étape. Mais si leur utilisation implique ensuite de transférer le pouvoir de signature, de dépendre d’une infrastructure que l’on ne maîtrise pas ou d’accepter qu’un opérateur puisse devenir un point de passage incontournable, la question de la souveraineté revient immédiatement.
Le titre de l’atelier parle d’UTXO, mais l’enjeu dépasse largement le vocabulaire technique : qui peut réellement décider de ce qu’il advient de tes bitcoins ?
Dépenser ses bitcoins : où place-t-on le compromis ?
Dans le cadrage proposé par Marius, les solutions actuellement utilisées pour dépenser des bitcoins amènent souvent à deux directions.
La première consiste à gérer soi-même ses propres canaux Lightning. Cette approche conserve un niveau important de contrôle, mais demande aussi de prendre en charge davantage de gestion.
La seconde consiste à rechercher plus de simplicité en déléguant les signatures ou une partie du contrôle à un tiers.
C’est entre ces deux pôles que se situe la problématique posée par l’atelier.
Il ne s’agit pas seulement d’opposer une solution « simple » à une solution « souveraine ». La vraie discussion porte sur le niveau de compromis que chacun est prêt à accepter : que veut-on gérer soi-même ? Que délègue-t-on ? À qui ? Et surtout, qu’est-ce qui permet encore de dire que les satoshis restent véritablement sous notre contrôle ?
C’est à cet endroit que Marius introduira Ark.
Ark : tenter une autre réponse au problème
Marius présente Ark comme une approche qui tente de répondre à cette tension entre dépense et détention souveraine.
Le workshop n’est donc pas conçu comme une simple présentation d’un nouvel outil ou d’une nouvelle technologie à ajouter à une liste. Son intérêt est d’abord de partir du problème : nous voulons pouvoir utiliser Bitcoin, mais nous voulons également éviter de recréer, par confort, les mêmes dépendances que celles dont Bitcoin permet précisément de s’affranchir.
Ark devient alors un objet de discussion très concret.
Quelle place cette approche peut-elle prendre dans les usages ? Quel problème cherche-t-elle à résoudre ? Quel compromis propose-t-elle par rapport aux pratiques existantes ? Et dans quelles situations pourrait-elle devenir pertinente ?
L’objectif n’est pas de présenter Ark comme une réponse magique. Le synopsis de Marius est plus intéressant que cela : il invite à regarder les contraintes réelles de l’usage de Bitcoin et à comparer les choix que nous faisons lorsque nous dépensons nos satoshis.
Derrière la technique, une question de propriété
C’est probablement ce qui rend ce workshop particulièrement cohérent avec B-Only.
La technique n’est pas abordée pour elle-même. Elle sert une question plus fondamentale : que signifie réellement posséder du bitcoin lorsque l’on veut s’en servir ?
On peut très bien maîtriser une seed, avoir retiré ses fonds d’une plateforme et avoir compris les principes de base de la self-custody. Mais la souveraineté ne se résume pas à une photographie prise à un instant donné. Elle se teste aussi dans les usages, dans les paiements et dans les choix d’infrastructure.
Le workshop de Marius pousse donc à prolonger une logique bien connue des Bitcoiners : ne pas seulement demander « est-ce pratique ? », mais aussi « qui contrôle quoi ? »
C’est une question moins spectaculaire qu’une nouvelle fonctionnalité, mais beaucoup plus structurante.
Un atelier pour comprendre avant de choisir
Le sujet s’adresse naturellement à celles et ceux qui s’intéressent déjà à la self-custody, à Lightning et aux solutions permettant de faire circuler des bitcoins. Mais son angle touche aussi un public plus large : toute personne qui veut comprendre ce qui se passe entre le moment où elle possède ses bitcoins et celui où elle décide de les dépenser.
Marius partira donc d’une problématique d’usage avant d’aborder Ark.
C’est aussi l’esprit des workshops de B-Only : ne pas seulement parler de Bitcoin, mais mettre les solutions, les compromis et les pratiques sur la table.
L’enjeu est de repartir avec de meilleures questions à poser avant de choisir un outil ou une architecture :
- Qui détient réellement le pouvoir de dépenser ?
- Quelle dépendance à un tiers est introduite ?
- Que faut-il gérer soi-même ?
- Quel compromis accepte-t-on pour gagner en simplicité ?
- Une solution permet-elle de conserver la maîtrise recherchée au départ ?
Ark sera le fil conducteur permettant d’explorer ces questions avec Marius.
« Vous posséderez vos UTXO et vous serez heureux »
Le titre est volontairement provocateur. Il rappelle surtout une idée simple : dans Bitcoin, la propriété n’a de sens que si elle reste liée à la capacité d’agir sans permission.
C’est cette frontière entre détention, dépense et délégation que Marius Farashi viendra explorer à B-Only’26.
Un workshop pour celles et ceux qui ne veulent pas choisir entre utiliser leurs bitcoins et garder la main sur leurs satoshis.
B-Only’26 — 7 au 9 novembre 2026 — Novotel Annecy Centre
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